Tout va bien dans ma vie et pourtant je me remplis (sucre, alcool…)
Nombre de femmes que je reçois en tant que thérapeute spécialiste des TCA remplissent tous les critères externes du « ça va, j’ai une belle vie» (travail, couple, enfants, santé apparente) mais vivent une pression de performance, de rôle, d’image ou de perfection silencieuse, non reconnue comme légitime. Tout va bien sauf ma boulimie, je grossis, je ne me supporte plus.
Dire « tout va bien » est aussi une manière de minimiser, de ne pas déranger, d’être la « bonne élève » même dans la douleur, ce qui empêche de communiquer leur malaise aux compulsions alimentaires.
« Tout va bien dans ma vie à part mon addiction au sucre » n’est pas vrai. C’est malheureusement un leurre.
Tout va peut être bien dans votre vie, réellement ou en surface, mais votre système nerveux n’est pas à jour.

Boulimie : le coût invisible de la victoire
Pour arriver là où « tout va bien dans ma vie », généralement les personnes ont développé une hyper-adaptation : contrôle permanent, sacrifice de soi, suppression des besoins personnels au profit de la performance et des attentes (rôles multiples : mère, pro, partenaire parfait). Ce mode « guerrier » a fonctionné pour conquérir, mais il épuise les ressources internes .
(… combien de burn-out, au fait ?)
Maintenant que « tout roule », la vigilance reste active par habitude : le cerveau reste en mode survie/combat, même sans menace réelle.
Le corps a souvent été oublié, n’a pas assez bougé ou n’a pas été assez nourri.
Ce découpage « moi, mon cerveau, mon corps » est souvent présent chez les personnes que je reçois en hypnothérapie pour la boulimie – comme si les 3 étaient dissociés.
Le soir, quand la garde baisse, le système suractivé cherche à se réguler, à se rattraper par le sucre comme récompense/merci à soi-même, ou comme nostalgie d’un temps où on pouvait « lâcher ». Et la phase d’hyperphagie, de boulimie s’enclenche, avec ce qui suit, honte, culpabilité, dégoût de soi.
Pourquoi le soir et pourquoi du sucré ?
Le soir, les défenses de la journée tombent : fatigue, charge mentale, solitude relative, silence… tout ce qui permet aux tensions accumulées de remonter, alors que la personne n’a plus d’énergie pour contrôler
Le sucré agit comme régulateur rapide : dopamine, réconfort, retour à l’enfance, sensation brève de « douceur » et de droit au plaisir, surtout chez des femmes très contrôlantes ou très dévouées aux autres. La boulimie devient addiction.
Idem pour l’alcool, qui sert dans un premier temps de récompense, puis d’antidépresseur.
Comprendre ce qui se joue en profondeur avec l’hyperphagie
- Conflits de valeurs : « je dois être forte/performante/contrôlée » vs « j’ai besoin qu’on prenne soin de moi / de lâcher / de ne plus être parfaite ». La compulsion vient trancher en douce : le corps prend ce que le psychisme n’ose pas demander.
- Restriction et contrôle du corps : régimes, normes de minceur, culte de l’apparence, peur de grossir créent une privation qui augmente mécaniquement le désir et la perte de contrôle le soir.
- Bien sur il y a aussi le mécanisme de la récompense, et la construction des habitudes.
- Et les facteurs génétiques, culturels et environnementaux. L’environnement social et familial est déterminant : un entourage consommateur, un stress élevé ou un accès facile aux substances multiplient les risques
Pistes de travail en hypnothérapie
Nous allons travailler ce paradoxe : le « tout va bien » comme masque protecteur, et inviter la part qui souffre (épuisée, frustrée, seule) à se manifester autrement que par la nourriture ou par l’alcool.
Explorer la journée en transe : charge mentale, moments où il aurait fallu dire non, besoin de reconnaissance, et installer d’autres gestes de « douceur » (repos, demande d’aide, rituels de fin de journée) avant l’arrivée de la compulsion.
Travailler les parts : la part « performante/contrôle » et la part « enfant qui veut du sucré et du réconfort » pour leur donner chacune une place, sans qu’elles passent par l’excès alimentaire.
En bref nous allons résoudre ce problème, pour que plus jamais ce ne soit un problème.

Guérir l’hyperphagie, les bénéfices
- Nouveaux plaisirs, nouvel allant
- Nouvel accueil serein des émotions et des aléas de la vie
- Prendre soin de soi, évoluer
En résumé, si vous ne supportez plus vos comportements, si cela nuit à votre image et votre estime de vous même, il est temps de prendre soin de vous – prendre soin de soi ne veut pas dire s’offrir un massage de temps en temps ou mettre une crème de jour – cela veut dire prendre des décisions importantes, poser des choix et les mettre en œuvre.
La vie est faite de chapitres. Clôturons ce chapitre et avançons.
Prenez RDV.
Ps. Si vous souhaitez comment ça se passe je vous invite à lire cette page : Comment se passe une séance d’hypnose.
